"Il y a des choses qu'on ne peut dire qu'en embrassant...parce que les choses les plus profondes et les plus pures peut-être ne sortent pas de l'âme
tant qu'un baiser ne les appelle."Maurice Maeterlinck
Oui, ce week-end j'ai vu Sacha... Je vous raconte ? Ou pas ? Et bien...........................
Non ! Car avant ça il faut que je raconte ce week-end un peu étrange que je viens de vivre...
Article en travaux... A suivre...
Je vous laissais donc dans ce suspense insoutenable, il y a quelques jours... Voici la suite...
Samedi soir, au mariage de ma cousine, je reçois quelques textos de Sacha, me demandant si je m'amuse, si on a fini le repas, etc... Au bout d'un moment, je finis par lui dire que je suis à moins
de 20km de chez lui et que s'il veut discuter, ce serait plus simple qu'il passe me faire un coucou. Ce à quoi il me répond qu'il s'habille et qu'il arrive... Ca paraissait tellement
irréel et pourtant, je ne sais pas pourquoi, je sentais que cette fois était la bonne et qu'il n'allait pas se défiler. En l'attendant, j'ai dansé comme une folle, un sourire irrémédiablement
scotché à mon visage. Je pensais "Deux ans, deux années qu'on ne s'est pas vus... Et dans quelques minutes, il sera là, devant moi... Tout près de moi...". En même temps, je réalise que j'ai mon
train le lendemain matin et que nous n'avons donc que quelques heures, une ou deux, peut-être plus, mais quatre ou cinq au maximum, à passer ensemble. C'est peut-être pour cette raison que je me
suis dit que nous n'évoquerions pas les sujets sensibles, que je ne demanderai pas d'explications, parce que ces petites heures me paraissaient trop courtes pour creuser la question.
C'est sans doute aussi parce que mes partiels approchaient, et que je n'avais pas envie d'avoir à réfléchir au choix cornélien qui s'imposerait à moi après cette cruciale discussion. Ni même de me
repasser le film de cette soirée en interprétant chacune de ses réponses, chacun de ses gestes, chaque parole, chaque regard... Un nouveau texto... Il est là...
Je pars à sa rencontre et entre dans sa voiture. Je ne lui fais pas la bise. J'en suis incapable. Je m'assois sur le siège passager, le salue d'un sourire. Il m'emmène faire un tour dans la
garrigue. Nous marchons au clair de lune, autour des taureaux et des chevaux, en discutant de nos boulots respectifs, de mes prochaines échéances estudantines, de l'orage qui va arriver... Je
sautille partout, un large sourire aux lèvres, je suis si heureuse qu'il soit là. L'orage arrive plus tôt que prévu et nous voilà obligés de faire demi-tour pour s'abriter dans la
voiture. Il passe sa main sur ma cuisse, tendrement. Je suis gênée. Je ne sais ni que dire, ni que faire. Je n'ai aucune envie de le repousser, mais je sais qu'il vaudrait mieux que je ne craque
pas. Alors je le prends dans mes bras, on reste comme ça un moment, tout en continuant de parler. Je sens son odeur et son coeur qui bat et cela m'ennivre. Je me sens si bien contre
lui.
Nous avons échangé quelques baisers, quelques caresses tendres avant qu'il ne me ramène à la salle. Il n'y avait plus personne, le soleil commençait à se lever et ma voiture était la seule sur le
parking. Je sais bien que ce moment passé ensemble n'est en aucun cas une promesse. Mais c'étais si doux, que ça m'a donné des envies d'encore. Le soir même et le lendemain, il s'est
montré très tendre et attentionné, m'envoyant des tas de textos... Depuis, moins de sms, mais nous nous parlons quotidiennement sur MSN. Cette semaine j'avais mes partiels, je n'ai donc pas voulu
aborder les questions qui fâchent (la politique de l'autruche, vous connaissez ?). J'ai préféré profiter des ondes positives qu'il m'envoyait, de l'énergie que tout ça me donnait. Vendredi il m'a
demandé si j'avais des regrets. J'ai répondu que j'avais des interrogations, mais pas de regrets et lui ai renvoyé la question. "Oh non" a-t-il répondu.
Maintenant que mes partiels sont finis, il va falloir qu'on discute sérieusement. J'ai besoin de savoir où il en est, ce qu'il attend de notre relation. Et je pense qu'il le sait. Mon problème
c'est que je ne veux pas qu'il fuie cette discussion. Et que je ne sais pas comment l'amener... Sur MSN c'est exclu, car il est en général au boulot donc parfois j'attends pas mal de temps avant
d'avoir une réponse et puis j'ai besoin, à défaut de pouvoir voir ses yeux, d'entendre sa voix, pouvoir sentir un minimum s'il est sincère ou pas. Put... de distance qui nous sépare...
Alors dites-moi... Vous avez des idées ? Comment l'amener tout en douceur à avoir cette discussion, certes désagréable, mais néanmoins nécessaire, pour que je n'avance pas dans cette relation à
l'aveuglette comme ce fût le cas auparavant ? Ce week-end je n'ai eu aucune nouvelle. J'ai lutté contre moi-même pour ne pas en envoyer moi-même, me disant que s'il pensait à moi, il se
manifesterait. Alors du coup je m'interroge. Peut-être est-il encore avec elle ? Même cette question je ne la lui ai pas encore posée... Si vous saviez à quel point je présens que je me suis
fourrée dans de mauvais draps, qu'il ne peut que me décevoir à nouveau... Mais qu'en même temps... C'est lui... Et que je serai prête à tout (ou presque) pour qu'il nous accorde une vraie
chance...
En sortant de mon oral en début d'après-midi... J'ai réalisé quelque-chose... Je viens de passer mes derniers partiels (enfin, si tout va bien !!!) ! Il y a 15 jours de ça déjà, je vivais
mon dernier cours. Et j'avais eu cette même impression de me sentir légère... Si légère... Oui je touche au but. Je suis en train de le réaliser. Les bancs de l'école, c'est terminé pour moi !
Enfin !
Après plusieurs années d'errance universitaire, plus 3 années pour avoir ce fichu concours, plus encore 4 années de dur labeur entre stress des examens et les stages où l'on touche du doigt son
rêve, l'un de mes projets de vie est en train de se réaliser, là, sous mes yeux ! J'étais tellement enjouée que j'avais envie de danser sur ma table (en envoyant valser au préalable tous les fichus
cours de législation et de déontologie qui la jonchent...) !
J'aurai bien été danser ce soir, prendre une biture pour fêter ça, oublier le temps d'une soirée ce qu'il me reste encore à accomplir avant que je puisse écrire le mot FIN pour de bon
(accessoirement, il me reste le mémoire, un mois de stage et deux rapports de stages à rédiger !)... Mais à nouveau je me retrouve seule dans cette grande ville, mes amies l'ayant désertée pour
aller festoyer avec leurs amoureux... Tant pis ! Rien ne m'enlèvera le sourire que j'ai posé sur mes lèvres aujourd'hui à 13h45 tout pile, en sortant de ce maudit oral ! Et puis demain, j'irai
passer mes nerfs sur GTA 4 chez Paul !!! Pour la peine ! Na !
Dans quelques années, je repenserai à tout ça avec un brin de nostalgie, je le sais... On rigolera avec les copines en se souvenant de nos périodes d'autisme volontaire au moment des révisions, on
versera une larme en repensant au jour où notre téléphone a sonné pour nous annoncer qu'on était prises dans l'école, on trouvera ridicule le stress qu'on s'infligeait au moment des partiels...
Qu'est-ce-que c'est bon ! Mais qu'est-ce-que c'est bon de me dire que bientôt je pourrai en parler au passé !
Ce week-end ma cousine a convolé en justes noces...
Lorsque nous étions enfants, elle m'a toujours protégée comme une grande soeur que je n'avais pas puique je suis fille unique. Nous ne nous voyions que pendant les vacances d'été mais nous étions
très proches et très complices. Bizarrement, nous avons commencé à nous éloigner l'une de l'autre alors que nous faisions nos études dans la même ville. J'étais déçue de perdre cette complicité que
nous avions. Depuis....elle travaille comme infirmière et moi j'ai déménagé à 500km pour entrer dans l'école où je suis. Je n'avais donc rencontré son copain qu'une paire de fois.
Il y a un mois, quand elle m'a annoncé qu'elle allait se marier le 24 mai, je suis un peu tombée des nues. J'en étais restée au fait que les parents de son ami n'acceptaient pas leur relation
puisqu'elle n'est pas musulmane. [On est tous athés dans la famille. Depuis trois générations. Ni elle ni moi n'avons été baptisées, nous n'avons l'une et l'autre AUCUNE culture religieuse.] Donc
étonnée de ce mariage refusé par les beaux-parents jusqu'ici, je l'interroge : est-elle enceinte ? Non. Pourquoi les beaux-parents ont-ils changé d'avis ? Elle m'explique alors qu'ils se sont fait
à cette idée et que le mariage religieux est une façon de leur faire accepter la relation. Mariage religieux...? C'est drôle comme cette idée ne m'avait même pas effleuré l'esprit jusque-là... Ma
cousine va devenir musulmane... Pourtant à mon anniversaire déjà, elle faisait le ramadan, mais naivement, je pensais que c'était simplement pour ne pas faire envie à son copain, un peu comme on
accompagne quelqu'un qu'on aime dans un régime même si on n'a pas de kilos à perdre... Est-ce seulement un moyen de faire accepter leur relation par les beaux-parents ? Y croit-elle vraiment ?
Je n'ai pas vraiment osé poser ces questions...
Samedi soir nous arrivons à son appartement. Elle est là sur le perron de son appartement, à nous acceuillir, en robe de mariée, blanche, bustier et long jupon, une traîne... En bref une robe comme
toutes les petites filles l'imaginent pour ce jour-là... Elle est rayonnante, belle comme une princesse de conte de fées... Nous partons chercher son ami chez ses parents, puis nous arrivons à la
salle. Ils ont passé tout le début de la soirée assis côte à côte sur un espèce de trône blanc immaculé, surélevé par une estrade et avec une sorte de baldaquin au-dessus. Jamais je n'avais vu
quelque-chose d'aussi kitch. Ils y étaient encore lorsque nous sommes tous passés à table, tard, évidement. On nous a servi une soupe délicieuse, la shorba, dans un bol unique dans lequel nous
étions quatre à manger. J'ai trouvé ce système hyper convivial, sans compter que ça fait des économies de vaisselle !!! Nous avons ensuite eu un tajine d'agneau excellent, que nous nous sommes à
nouveau partagé entre convives dans un plat unique. Ce n'est que lorsque le dessert arrivait pour nous, qu'on les as installés sur une petite table, juste devant l'estrade et le trône. Toujours
côte à côte, comme exposés au regard des 200 invités présents, ils ont mangé en silence. Puis la musique a repris et nous avons dansé au rythme des youyou endiablés. Quelle énergie ! Quelle
ambiance ! Avant que la cérémonie ne reprenne son cours...
La princesse a vécu son conte de fées... Elle s'est transformée au fil de la soirée en reine des mille et une nuits... Elle a dû porter cinq robes différentes, comme le veut la tradition
musulamne. Elle n'a choisi que les deux premières (très belles). Les trois autres ont été imposées par la belle-mère : une robe rose très kitch que ma cousine trouvait hideuse, une robe
traditionnelle musulmane qui pèse une demi-tonne et enfin une robe blanche religieuse qui la couvrait du bas du menton jusqu'au bout des orteils. Ce mariage n'était plus le sien... Mais celui de la
mère de son ami, qui le vivait par procuration. Ah la la le poids des traditions ! J'aurai tant aimé que la princesse puisse prendre la plume pour écrire SON conte de fées. Le pire étant que les
deux mariés trouvaient ces fioritures ridicules...
J'ai assisté pour la première fois de ma vie à un mariage. C'était un mariage musulman. Moi qui n'aime ni les mariages, ni les cérémonies religieuses, j'ai été servie. Cette hypocrisie
religieuse m'a un peu laissé un goût amer. Et j'ose espérer que ce n'était pour ma cousine qu'un passage obligé pour être enfin acceptée de sa belle-famille. Que cela ne changera rien à leur
relation au quotidien que je trouvais plutôt équilibrée. Du peu que je puisse en dire, son homme est un mec bien, intelligent, ouvert d'esprit, drôle et plein d'énergie. Il la rend heureuse et pour
moi c'est l'essentiel. J'espère qu'elle n'aura pas à regretter d'avoir épousé la religion musulmane en même temps que son homme, que les beaux-parents n'imposeront pas leurs lubies religieuses
(je pense principalement...au voile). J'espère aussi que son mari, puisqu'il en est ainsi désormais, saura mettre des limites aux désirs de ses parents.
Quels que soient ses choix, même si je ne les approuve pas complètement, je l'aime fort ma cousine et ne souhaite que son bonheur. Et son mec, c'est une perle. Je leur souhaite plein de belles
choses à vivre ensemble.
"Il y a des choses qu'on ne peut dire qu'en embrassant...parce que les choses les plus profondes et les plus pures peut-être ne
sortent pas de l'âme tant qu'un baiser ne les appelle."Maurice Maeterlinck
Oui, ce week-end j'ai vu Sacha... Je vous raconte ? Ou pas ? Et bien...........................
Non ! Car avant ça il faut que je raconte ce week-end un peu étrange que je viens de vivre...