Elle gagne le concours :
devinez mon futur métier (Le scaphandre et le papillon... ) et remporte un colis cadeau avec pas moins de...quatre surprises
!!!
Au passage, faites un petit tour sur son blog ! Linoa, une nana in the mood for... love !
Ca se passe ici -----------------→ link
Le décor est tout beau tout neuf et si vous aimez mon blog, vous devriez aimer le sien car nos interrogations sont souvent les mêmes !
Hier soir, je lisais un
bouquin, bon, pas de la grande littérature, c'est certain, je vous l'accorde, mais bon vous comprendrez que les lectures sur Alzheimer (thème de mon mémoire) ça me sort un peu, mais juste un peu,
un chouia, par les trous de nez en ce moment. [Parenthèse studieuse : oui oui, vous ne rêvez pas, j'ai enfin ouvert ces maudits bouquins, fait des fiches de lecture et même que j'ai
écrit les six premières page de mon "oeuvre" d'un trait hier soir ! Quoi ?! Comment ça six pages c'est rien du tout ? Que celui qui ose me dire ça en face fasse attention, je mords ! GRRRRR !!!]
Donc pour me sortir tout ça de la tête et rire un bon coup avant de dormir je me suis acheté il y a quelques jours un livre, débile au possible, pathétique à souhait et, pour couronner le tout,
très mal écrit. Mais alors le chapitre d'hier m'a fait me plier en deux (j'avoue, je ne lis qu'un chapitre par soir parce que je me couche tellement tard que je suis épuisée et que dans cet
état-là 10 pages à lire c'est déjà énorme, même s'il n'y a aucun effort à faire pour comprendre !) !!!
Donc ce fameux bouquin c'est "Spécimens à disposition des jeunes filles faciles" par Virginie De Clausade. En gros c'est l'histoire d'une nana, un peu bourgeoise (c'est un euphémisme...), qui
accumule les conquêtes... Chaque chapitre décrit une relation avec l'un des spécimens de l'espèce masculine. C'est bourré de clichés, de généralisations à deux francs six sous mais on s'identifie
forcément à un moment donné de l'histoire, parce que nous aussi, on est tombé sur ce genre de spécimen un jour et que finalement, ça fait un bien fou de savoir qu'on est juste pas la seule à
essuyer des déceptions ! Donc hier, c'était le soir du chapitre "La Plante verte"... Ca m'a rappelé quelqu'un, Robin pour ne pas le citer... Pour bien comprendre le parallèle je vous incite à
relire ça : Nouvelle rencontre...folle... Et je vous cite un extrait du bouquin, oups pardon, du chef-d'oeuvre que je lis en
ce moment...
"Il arrive, de temps en temps, à une Jeune Fille Facile de céder à l'appel de la vanité. Parce que ce qui est fait n'est plus à faire et, pour ne pas mourir idiote, vous vous virilisez le temps
d'une relation en ne sortant avec un garçon que (et exclusivement que) pour son physique avantageux. C'est la Plante Verte. [...] La Plante Verte est objectivement très, très belle. Il en est
même impressionnant, c'est une pub pour caleçon sur pattes (note de moi (ndm) :c'est la meilleure expression du livre je vous préviens !). Vous le remarquez parce qu'il est impossible d'en être
autrement, c'est son fonds de commerce, il n'imagine pas une minute arriver quelque part sans que tous les regards (tous sexes confondus) ne se tournent vers lui. Vous le regardez donc plus par
curiosité (presque malsaine) que par intérêt. Plus rien n'est naturel chez la Plante Verte, son look est hypertravaillé, il pose constamment, connaît son meilleur profil, épile ses sourcils et
son torse (ndm : et tout le reste aussi, faut pas croire !), se fait des manucures, des peelings, des soins... [...] Vous le srutez sans aucun complexe, persuadée que la Plante Verte ne vous
remarque pas (vous l'imaginez au mieux avec une pamela Anderson au bras, au pire avec une apprentie Paris Hilton). Il ne doit même pas savoir que des filles comme vous partagent la même planète
que lui. Pourtant, un jour, la Plante Verte vous aborde, à votre plus grande surprise : vous étiez persuadée que son regard ne descendait pas en dessous du mètre soixante-treize (et qu'il ne
pouvait donc pas vous voir). [... ndm : La rencontre, le premier baiser, tout ça tout ça... Puis vient le grand soir...] Vous êtes assise sur le canapé, la Plante Verte reprend la même pose que
la veille, vous savez ce qui vous attend, vous lui souriez et prenez une grande respiration avant d'y aller. Il vous touche sans beaucoup de délicatesse, vous vous dites que c'est dû au feu de
l'action et à la passion. Quand vous couchez avec lui, il continue de poser et va jusqu'à grimacer, vous imaginez sans mal les films qu'il a vus pour avoir ce genre d'expressions (ndm : et ça, ça
met vraiment vraiment mal à l'aise ! Je l'avais d'ailleurs décrit ainsi "J'avais l'impression d'être dans un film porno"). Vous êtes sexuellement objetisée."
Je rajouterai que quand on dit gentiment à la Plante Verte qu'on est arrivée au bout et qu'on n'a plus envie de le voir, il a une facheuse tendance à se vexer et à vous reprocher votre manque de
sincérité (Celle-là elle est bien bonne ! C'est l'hôpital qui se fout de la charité !) alors même que vous lui aviez dit que ça ne pourrait absolument pas marcher et que vous vous lasseriez vite
d'une telle relation. Dans ce genre de situation, la Plante Verte, se sentant humiliée, n'a comme seul recours de vous descendre (je cite : "Ne te crois pas irrésistible") et de prétexter
que de toutes façons "j'avais pas envie de te voir non plus".
Il a la mémoire courte la Plante Verte parce qu'hier encore il vous envoyait un texto au milieu de la nuit pour vous signaler ces ardeurs à l'idée de vous voir bientôt, et qu'à peine quelques
minutes auparavant il vous disait même qu'il avait jamais eu une telle "osmose sexuelle", pour reprendre ses propres mots, avec quelqu'un. Oui mais bon, c'est pas réciproque. Comme je suis une
fille bien élevée, je n'ai pas parlé de ce petit détail mais bon...
D'après lui, je ne suis pas sincère car je cherche un mec alors que "nous ne sommes qu'amant" Mouhahahahaha ! Ils sont vite repérés les baratineurs, je lui ai précisé que ce n'est pas moi qui ai
dit des "mon coeur" à tout va, ni même proposé d'aller au restau, ni même moi qui me suis plainte de ne pas avoir de compliments (oui oui, je ne flattais pas assez monsieur, bien sûr, puisque je
ne suis pas entrée dans son jeu). J'ai aussi rappelé que je lui avais dit dès le départ que je me lasserai vite et que j'étais désolée que ce sentiment de lassitude arrive au bout de deux
rencontres à peine et que je comprenais que c'est frustrant pour lui, parce que pour une fois quelqu'un lui résiste et que ça doit pas lui arriver si souvent, mais bon voilà c'est comme ça et pas
autrement, j'ai plus aucune envie de le voir.
Bien sûr j'ai eu droit à l'habituel "Je crois pas t'avoir forcé un jour, chaque fois qu'on s'est vus tu as eu envie de moi"... Je me suis abstenue de lui dire que le premier soir j'étais beurrée
comme un pti lu, que c'était bien, mais sans plus... Et que la 2ème fois c'était la cata et que vraiment, il ne pouvait pas se vanter d'être un bon coup malgré son corps d'athlète et sa peau
hâlée aux UV. Bref, tout ça pour dire que je le laisse penser ce qu'il veut, j'en ai rien à braire, pas envie de batailler avec un énergumène pareil et puis d'abord j'ai autre chose à faire
!
Maintenant que je
vous ai exposé mon parcours de ronde, je vais essayer de faire un parallèle avec l'acceptation de soi.
Ah et oui, je précise d'avance que l'illustration ne me représente pas ! Désolée pour tous mes fans (que je sais nombreux...mais peu bavards !!!) mais ce n'est pas moi !!! Il s'agit d'un tableau
de Christian Lefèvre, peintre qui sublime les rondeurs. Pour voir quelques-unes de ses toiles , c'est par ici : link ! Dites-moi au fait, je risque quelque-chose à avoir emprunté cette image pour la mettre sur mon blog ? Et une autre question technique : on fait comment pour qu'il y ait
écrit autre chose que "link" pour le lien ?
Sur ce, revenons à nos moutons... Comme je vous l'ai expliqué dans l'article précédent, j'ai très vite compris que mes rondeurs était un atout de séduction auprès des hommes et je ne me suis
jamais privée d'user de mes charmes. Je ne peux pas me plaindre de ne pas avoir de succès, le seul hic, c'est que généralement mes charmes n'agissent pas sur le public espéré. J'ai toujours plu
aux hommes plus âgés que moi. Lorsque j'étais ado, c'était flatteur et plaisant puisque ces hommes étaient encore dans la vingtaine. A présent, j'avoue que plaire au mec marié qui approche de la
quarentaine, ça me flatte moins.
Mais ce n'est pas le sujet... L'acceptation de soi ? C'est ça que j'avais annoncé ? Bon, recadrage, qu'est-ce-que je voulais dire déjà ? Ah oui... Pourquoi je suis bien dans ma peau de ronde,
c'est ça que je voulais expliquer. Donc déjà ado, est-ce le fait que j'habitais dans les Dom-tom et que la culture de là-bas est plus tolérante vis-à-vis des rondes, toujours est-il que je n'ai
pas le souvenir traumatisant de moqueries incessantes et cruelles à mon égard. Bien sûr on m'a affublé de bibendum (ça s'écrit comme ça ce truc ? Vous savez, le bonhomme Michelin !) et c'est peu
flatteur, bien sûr on a ri de mes grosses fesses et c'était douloureux. Mais comme je plaisais en dehors du lycée, je m'en fichais. Je passais outre. J'avais un groupe d'amis au sein du lycée et
même si je me sentais parfois mise à l'écart j'arrivais toujours à me rendre indispensable. J'étais la meilleure amie de tout le monde, celle qui entend toutes les confidences, qui donne de sages
conseils, qui prône l'ouverture d'esprit et la tolérance, celle qui réglait les conflits, bref, je compensais le fait de ne pas les intéresser physiquement par un caractère facile et agréable à
vivre. Mais à cette période je rêvais toujours d'être mince un jour, je n'aimais pas mon corps et je me trouvais moche.
Paradoxalement, c'est lorsque je suis revenue en France, et que j'ai tant grossi, que j'ai commencé à m'accepter. Je dis bien m'accepter, pas m'aimer. Après cette grosse déprime, et alors que je
pesais pratiquement 100 kgs (pour 1m54, c'est beaucoup !), j'ai découvert à travers la télé, qu'il existait des femmes rondes, bien plus rondes que moi, qui étaient bien dans leur peau, qui
prenaient soin d'elles, s'habillaient sexy et que je trouvais belles !!! J'ai alors pris conscience qu'il était temps d'abandonner ces idéaux de minceur à tout prix et qu'apprendre à m'accepter
telle que je suis était la clé d'un certain bien-être. J'ai commencé à surfer sur des sites de vêtements spécialisés pour les rondes, je refaisais ma garde-robe, je me sentais mieux, je mangeais
moins, je maigrissais à vue d'oeil, j'avais un succès fou malgré ma taille 52. Au fur et à mesure de mon amaigrissement, j'ai commencé à m'accepter, à me plaire de plus en plus, malgré
mes rondeurs. Au jour d'aujourd'hui, j'ai encore franchi un cap, je m'aime avec mes rondeurs : la balance affiche 72 kgs depuis plusieurs années l'aiguille ne fait plus de bonds,
c'est mon poids de forme. Bien sûr c'est toujours trop et si j'en perdais encore une dizaine je me sentirai sûrement encore mieux, mais la priorité pour moi est de ne pas prendre de poids,
de me stabiliser. C'est un cheminement personnel, mais mes relations amoureuses de ces dernières années m'ont beaucoup aidé à prendre cette voie.
J'ai toujours eu du succès, je ne suis jamais restée très longtemps toute seule, mais je faisais de mauvais choix, je me suis perdue dans les bras d'hommes qui ne savaient pas m'aimer. Bien sûr
jamais aucun d'eux ne m'a imposé, ni même proposé de mincir, ils m'acceptaient telle que j'étais, mais j'avais pourtant l'impression de ne pas être belle dans leurs yeux. Avec le recul, ils ne
s'en sont jamais plains non plus, c'est que ça devait bien leur plaire quelque-part, mais comme ils ne l'exprimaient pas clairement, je n'en avais pas conscience et je ne l'envisageais même pas.
Je me disais toujours qu'ils m'aimeraient mieux si j'étais plus mince.
Puis il y a eu Sacha, qui m'a redonné confiance en moi, parce que je savais qu'il était sincère quand il me disait qu'il me trouvait belle. Et il me le disait souvent. Puis Paul, encore plus
démonstratif dans ce domaine, qui m'a dit les choses parfois de façon crue, mais tellement tendre... Auprès d'eux j'ai compris que j'avais besoin de ça dans une relation. Me sentir valorisée pour
mon corps et pas que pour mes qualités morales. J'ai besoin qu'on me parle de mon corps, que ce ne soit pas un tabou, qu'on me dise qu'on aime mes rondeurs, mes grosses fesses, mes bourrelets, le
moelleux de mon ventre, la douceur de ma peau. Qu'on me le dise sans gêne, qu'on me le montre, qu'on les touche, qu'on les désire...
Lorsque j'ai connu Paul, je suis passée par une période où j'ai fait énormément de photos de moi, parfois dénudées, c'était toujours moi qui prenais les photos, lorsque j'étais seule, et parfois,
le soir, quand on ne pouvait pas se voir, je lui en envoyais une, qu'il retouchait un peu avant de me la renvoyer, sublimée. Je me suis trouvée belle sur ces clichés, parfois je ne me
reconnaissais pas, je me suis rendue compte à quel point j'avais une mauvaise estime de moi-même alors que l'image que me renvoyaient les photos étaient loin d'être celle que je me faisais de
moi. J'ai alors vraiment commencé à aimer mon corps, aimer le regarder, le toucher : j'adore me pincer les petits bourrelets que j'ai à la taille, ou me caresser le ventre, je le trouve super
doux... [D'ailleurs, je me rend compte aussi que j'aime bien ça chez les hommes. Sacha et Paul sont un peu ronds, j'adorais poser ma tête sur leur ventre ou pincer leurs petites poignées
d'amour. Je n'aime pas les hommes ronds ou très ronds, mais j'avoue adorer les hommes potelés, bien plus que les musclés ou les minces. J'aime l'idée qu'ils ne vont pas se briser en mille
morceaux si je leur monte dessus, j'aime leurs bras rassurants, le moelleux de leur corps... ]
J'ai appris à m'aimer dans le regard des autres. J'aurai pu ne retenir que les moqueries. J'ai su faire le tri et en retenir ce qui est bon pour moi. Quand j'entends certaines rondes dire
qu'elles sentent le regard accusateur des gens dans la rue lorsqu'elles mangent une glace, ou qu'elles entendent les moqueries des gens quand elles vont à la piscine, je me pose certaines
questions. Je suis ronde comme elles, et pourtant, je ne vois pas ces regards ni n'entend ces railleries. Certains me diront que comme je me sens bien dans ma peau, ça se ressent, et les gens
sont alors moins critiques. C'est forcément plus simple de s'en prendre aux faibles. Perso j'ai une autre théorie : je pense que j'y ai droit aussi, mais que je ne les vois plus parce que je m'en
fiche de ce que les gens peuvent penser de moi. Je sais ce que je suis, je sais qui je suis, je sais ce que je vaux. On ne peut pas plaire à tout le monde et c'est tant mieux ! Je me plais à
moi-même et c'est déjà pas mal ! Beaucoup de ceux qui se moquent ne peuvent pas en dire autant !
Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler de mon enfance. Plus particulièrement de mon rapport à la nourriture. De ce qui fait qu'aujourd'hui, je
suis ronde, et pas si mal dans ma peau que ça.
Lorsque je suis née, j'étais un tout petit bébé, toute frêle, une brindille. J'avais à peine soufflé ma 1ère bougie, que je me retrouvais hospitalisée pour une grosse gastro. [En écrivant ça, je
me rends compte que c'est la seule fois de ma vie où j'ai été hospitalisée et que ma peur panique de l'être à nouveau vient peut-être de là ?! Si un psy passe par là... Merci de m'éclairer ;-)]
Alimentation par perfusion, puisque tout ce que j'avalais ressortait illico, d'un côté ou de l'autre, bref, je vous passe les détails.
Après cet épisode, je ne voulais plus rien manger. Enfin si. Mais que ce que j'aimais. Et ça se résumait à : pain, chocolat, pâtes et purée. Comme j'étais une brindille et que ma mère avait
eu très peur pour moi (je précise que je suis fille unique), elle a cédé à tous mes caprices et, alors que j'étais haute comme trois pommes, j'imposais ma loi et décidais du menu. Malgré cela, je
suis restée fine jusqu'à l'âge de 7/8 ans. J'étais pas grosse cependant, juste potelée. Mais au vu de mon alimentation ultra restreinte, ça ne pouvait qu'empirer. Vers 9 ou 10 ans, suite à de
nombreux reproches de la part de l'entourage, ma mère prend un 1er rendez-vous chez un nutritionniste. Pas de régime, juste un rééquilibrage alimentaire et un peu de sport. C'était sans compter
sur mon caractère borné ! Avec la complicité de mon père (qui est un gourmand lui aussi), nous rechignions devant les légumes préparés avec amour et bienfaisance par ma mère puis nous allions en
douce, tous les deux, à la station service du coin s'acheter des Bounty, Twix et autres cochonneries. Ma mère n'apprendra cela que des années plus tard, lorsque je le lui raconterai, devant la
mine ahurie de mon père, qui me faisait les gros yeux, comme un enfant dont on a trahi le secret.
Cette période m'a semblé durer des années... J'ai l'impression d'avoir été au régime pendant toute mon enfance, qu'on a toujours surveillé mon alimentation, m'interdisant les sucreries et autres
douceurs... Le nutella, c'était pendant les vacances dans les pays tropicaux pour arriver à avaler la Nivaquine (médoc contre le palu qui a un goût amer au possible...Rien que d'y penser, le goût
me revient en bouche, berk berk berk !), les féculents c'était deux cuillères à soupe, une seule fois par jour, les gâteaux, c'était pour les jours de fêtes uniquement (soit mon anniversaire et
Noel)...
Bref, en début d'adolescence, je me suis rebellée contre ces privations et profitant de ma liberté de "grande" (qui se résumait au fait que je mangeais à la cantine à midi et chez une amie une
fois par semaine et que j'avais un peu d'argent de poche, avec lequel j'achetais...des cochonneries), j'ai commencé à vraiment grossir. Bien sûr, je me sentais mal dans ma peau, j'étais frustrée
de ne pas pouvoir m'habiller comme mes copines, je subissais quelques moqueries (quoique, relativement peu par rapport à ce que d'autres filles ont subi), je détestais les cours de sport, je
n'avais jamais de petit-ami de mon âge, j'avais un corps de femme alors que j'étais encore une enfant, et puis l'adolescence, c'est toujours un mauvais cap à passer, alors forcément, c'était pas
facile tous les jours. Mais, alors que j'avais à peine 15 ans, je plaisais aux mecs de 18-20 ans, alors vous imaginez la fierté devant les copines, de dire "Mon mec à moi (tiens ça me rappelle
une chanson ?!) il a le permis, il peut venir me voir quand il veut, il est grand, beau, il sent bon le sable chaud..." alors que leurs petits petits-amis (ils étaient souvent plus petits
qu'elles en taille) jouaient encore aux lego. Bref vous l'aurez compris, je me pavanais, consciente tout de même que mes rondeurs (bien placées à l'époque) n'y étaient pas pour rien...
Suite à une rupture amoureuse, mon 1er chagrin d'amour, j'ai entamé, de ma propre volonté, un régime ultra-strict, à base de sachets hyperprotéinés et de légumes verts uniquement. J'ai perdu 18
kg en 4 mois. Je rentrais pour la 1ère fois de ma vie (et ce fût la seule !) dans un pantalon taille 38. J'étais fière de moi, pourtant, dans le miroir, je me voyais toujours aussi grosse, je ne
me rendais vraiment pas compte que j'avais tant minci. J'en ai vraiment pris conscience le jour de la rentrée scolaire, après les vacances de Pâques, quand je suis arrivée au lycée sur mon
nouveau scooter, relookée des pieds à la tête (fringues et coiffure). En arrivant parmi mon groupe d'amis, l'un d'eux m'a dit "Quand tu n'avais pas encore enlevé ton casque, j'ai cru que c'était
une nouvelle et j'ai dit aux autres "Waw vous avez vu la nouvelle" mais en fait c'était (que) toi." Hum hum. J'ai donc compris que j'avais vraiment minci, que mes efforts n'avaient pas été vains,
mais j'ai aussi pris conscience que pour mes amis, je resterai toujours la petite grosse, ou du moins potentiellement grosse. Quelle déception !
Peu à peu, j'ai repris tous mes kilos, et même plus. Et la spirale des régimes yoyo à commencé. Forcément, des régimes aussi restrictifs avaient complètement déréglé mon mode de
fonctionnement. L'avantage c'est que depuis, mon alimentation était plus variée : j'ai appris à aimer les légumes, à en manger avec plaisir. L'inconvénient, c'est que la
frustration engendrée me poussait à des fringales incontrôlables, des envies de sucre, de frites, de gâteaux au chocolat, d'aliments qui tiennent au corps... Je n'ai jamais parlé de ces
fringales comme des crises de boulimie, car pour moi ce n'en était pas. C'était simplement la conséquence de semaines entières à ne pas avaler un carré de chocolat ni une bouchée de pain. A
frustrer une gourmande, je vous le dis moi, vous la rendez boulimique !
J'ai donc alterné périodes d'amaigrissement et de reprise de poids vitesse grand V pendant toute mon adolescence tout en restant toujours plus ou moins ronde, plutôt plus que moins d'ailleurs.
Après le bac, vînt le retour en France (je vivais dans les Dom-Tom) et une grosse grosse période de déprime. Je cherchais ma voie, j'avais perdu tous mes repères, mon île, mes amis, ma famille...
Pendant deux années je me suis isolée, j'ai mangé sans aucune restriction puisque pour la 1ère fois de ma vie, personne ne surveillait ce qu'il y avait dans mon assiette. J'ai pris 25 kg en 2
ans. Je sais, c'est énorme. Et là, ça s'apparentait certainement à de l'hyperphagie. Je mangeais pour me remplir, pour ajouter une couche à la carapace que je me construisais petit à petit.
J'ai ensuite effectué un retour au domicile parental, le temps d'avoir mon concours. J'avais trouvé ma voie, ma mère gérait les repas, j'ai maigri petit à petit, sans faire de régime. D'une
taille 52/54 à cette époque, je suis passée à un 46/48 que je maintiens depuis cinq années maintenant. Ca s'est ma victoire à moi. Avoir réussi à stopper le cercle vicieux des régimes yoyo.
Depuis que je ne fais plus de régime, je ne grossis plus. Parfois même je maigris un peu. Mais à vrai dire je m'en fous car j'ai proscris la balance de mon domicile. Je l'apprends avec
stupéfaction quand je vais chez le mèdecin (environ deux fois par an) et qu'il m'annonce que j'ai encore perdu 2kg. Je ne cherche pas à perdre du poids mais ça me fait quand même plaisir. Bien
sûr, pendant les périodes d'exams, n'ayant plus trop le temps de cuisiner, en bonne étudiante que je suis, je me nourris de surgelés et forcément je prends un peu de poids, je le sens à mes
pantalons qui me serrent. Mais surtout surtout, je ne me culpabilise pas et je rééquilibre après. Finalement, mon poids fait toujours un peu le yoyo, mais ce n'est que des écarts de 2/3 kgs, ça
limite la casse ! Ce que j'en retiens c'est qu'il ne faut pas se priver de manger ce qu'on aime, surtout quand on est gourmande, de compenser par les repas suivants ou par un peu de sport (perso,
je suis allergique au sport depuis les cours d'EPS du collège alors je me contente de monter les escaliers jusqu'au 4ème au lieu de prendre l'ascenseur, je vous assure que ça fonctionne !!!).
Il y a certainement d'autres explications plus psychanalytiques à mettre derrière tout ça, des choses qui se jouent quant à mes relations avec mes parents, et plus particulièrement avec mon père,
et donc les hommes, par procuration, mais j'ai trouvé un équilibre c'est tout ce qui m'importe. Je ne sais pas vraiment pourquoi je suis ronde, pourquoi la nourriture est mon refuge, ce que je
sais c'est qu'il est inutile de lutter contre de vieux démons et regarder en avant me semble être une bonne perspective d'avenir.
Pourquoi les hommes
aiment-ils les garces ? Si quelqu'un, et un homme de préférence, peut m'expliquer ça... ???
Je m'explique. Hier je suis donc allée voir Paul. Après m'avoir copieusement sautée dessus, confidences sur l'oreiller. Nous avons parlé d'elle, de cette grossesse.
Et moi ce que j'en dis, c'est qu'elle se fout de lui.
Elle devait quitter son mec la semaine dernière, avait fait les cartons, cachés dans une cave et tout et tout. Paul de son côté, avait bien préparé sa venue, se renseignant pour lui acheter
une voiture et s'occupant des papiers. Puis elle s'est défilée au dernier moment, prétextant qu'elle avait peur qu'il lui manque, et qu'il ne voulait pas qu'elle avorte. Elle a en fait
désiré cette grossesse avec son mec puisqu'ils ne se protégeaient pas : bon, la capote quand ça fait 5 ans qu'on est avec quelqu'un, je conçois que ce ne soit pas le moyen idéal, mais qu'est ce
qui l'empêchait de prendre la pilule ? En cachette si c'était nécessaire. De plus, il a appris qu'il y a quelques mois de ça, elle se renseignait sur un forum concernant des problèmes de
fertilité. Donc cette grossesse n'est absolument pas un accident.
Elle dit ne plus aimer son mec et pourtant, elle envisage de fonder une famille avec lui ? Sachant en plus qu'il la brutalise, et qu'elle aurait pu depuis belle lurette le quitter et vivre une
belle histoire avec Paul ? J'avoue que là, j'ai comme l'impression qu'il se fait prendre pour un pigeon.
Cette histoire de violences est-elle vraie ? Ayant moi-même vécu avec un enèrgumène du genre (à un moindre degré puisqu'il n'y a jamais eu de passage à l'acte, juste des menaces), je
sais que s'il y avait une chose que je n'oubliais pas, c'était bien ma pilule ! Les choses étaient déjà bien trop compliquées entre nous pas besoin d'en rajouter une couche avec la perspective
d'une grossesse. Certes il y a l'emprise que ces hommes ont sur nous et c'est dur de s'en détacher. Ils savent nous faire culpabiliser de façon à ce qu'on trouve toujours une excuse à leurs
dérapages. Moi il m'a fallu deux ans entre le déclic et la rupture définitive. Mais si j'avais eu quelqu'un qui m'aime, prêt à me soutenir, je n'aurai pas attendu autant de temps, j'aurai pris
mes cliques et mes claques et je me serai barrée vite fait.
Cette histoire de grossesse est-elle vraie ? Ou est-ce juste une bonne excuse pour repousser encore la rupture avec son mec ? Si c'est vrai, de deux choses l'une (j'adore cette
expression), soit elle le garde, auquel cas, Paul se sera fait entuber comme un bleu, soit elle avorte et fait durer encore l'attente. Si c'est faux, de deux choses l'une, soit elle s'en tire en
beauté en mentant jusqu'au bout et en faisant croire à Paul qu'elle a avorté, ce qui lui permettra de gagner encore un peu de temps avant de quitter son mec, soit elle prétexte une fausse couche
et dans ce cas, elle gagne encore plus de temps !
Dans tous les cas, je suis sûre qu'elle lui ment, ce n'est pas possible autrement. Le pire c'est qu'il sait que tout ça n'est pas cohérent, mais qu'il n'arrive pas à couper les ponts, malgré tout
le mal qu'elle lui fait. Elle lui fait miroiter une vie à deux depuis 1 an, lorsque ça se concrétise elle se défile en beauté. Et lui s'accroche au moindre espoir qu'elle lui donne. C'est là que
je me demande ce que les hommes ont dans le cerveau ?! Et pourquoi s'accrochent-ils aux garces en méprisant celles qui pourraient leur apporter tout ce dont ils auraient besoin ?
Franchement, je le prends sûrement trop à coeur, mais ça me fait vraiment du mal pour lui. Cela dit j'ai pris la décision que je ne le verrais plus pour le moment, car je dois me concentrer sur
mon boulot et que cette histoire me bouffe trop d'énergie. D'ailleurs, j'ai même décidé d'activer le mode *Célibataire endurcie* jusqu'à nouvel ordre, sûrement après le diplôme. Ca me libérera
l'esprit pour travailler, puisque ces relations ne m'apportent pas le soutien dont j'ai besoin en ce moment, bien au contraire.