Inspirée par un article lu chez Marie, ici : link , me voilà prête à vous raconter l'une des expériences la plus traumatisante de ma vie de
ronde.
Quand j'étais gamine, j'adorais les manèges à sensations. Je me souviens, ado, lorsque je venais en France pour l'été et que nous dépensions tout notre argent de poche dans les fêtes forraines, ma
cousine et moi. Tout y passait : des pinces à peluche qui n'accrochent jamais aux attractions toujours plus effrayantes, en passant par la galerie des glaces et les auto-tamponneuses. Pourtant,
j'ai toujours été une trouillarde. Je me rappelle, petite, une fois, j'avais forcé mon père à m'accompagner dans une attraction : vous savez celle où on passe dans des couloirs en marchant sur des
tapis roulant à sens inverse, dans des piscines à bulles etc... A la fin il y a un cylindre qui tourne... J'avais une trouille pas possible de ce truc... Mon père me prend la main, m'entraîne dans
le cylindre et là...comme il a un pas d'avance sur moi, il se met à tourner et finit par me tomber dessus ! Plus de peur que de mal, ouf !
Bref, étant donné que je vivais à la Réunion et que là-bas, à l'époque, à part les pinces et les autos-temponneuses, c'était le grand désert niveau fêtes forraines, j'en profitais un maximum quand
je venais en vacances en métropole. Jusqu'au jour où...
J'avais 20 ans (et toutes mes dents, mais ça on s'en fiche) et j'étais à la fête forraine avec mon copain de l'époque et ses amis. Nous faisons un petit tour pour repérer ce qui nous intéresse et
programmer la soirée. Ca y'est c'est décidé, c'est celui-là qu'on fait ! Un truc qui ressemblait un peu au manège de la photo d'illustration et pour lequel on nous demande d'ôter tout ce qui
risquerait de s'envoler : effets personnels divers, jusqu'aux chaussures. Je prend place près de mon ami, les protections s'abaissent...et là c'est le drame. Le manège ne démarre pas, une alarme se
met à sonner et on voit le gérant sortir de sa cabine et venir vers nous. Il m'explique : "Tu vois la lumière rouge là au-dessus de toi ? Ca veut dire que t'es pas sécurisée, les sangles de
protection se sont pas bloquées correctement." Il appuie dessus pour tenter de les bloquer...Rien, la lumière reste désespérément rouge. "Bon bah t'as qu'à te mettre en face, les places sont plus
larges." Je n'ose même pas adresser un regard à mon copain, honteuse. Devant un manège bondé, sous l'oeil de mon mec et de ses amis, je me vois donc obligée d'aller m'installer sur les
sièges qui leur font face. Cette fois, pas de problème, tout se ferme correctement, mais je suis morte de honte, et de trouille, et en plus, je suis même plus à côté de mon mec à qui j'aurai pu
lacérer le bras en cas de besoin.
Tout le long du tour de manège, j'ai hurlé comme jamais je crois. Je fixais la lumière au-dessus de moi, j'avais peur qu'elle passe soudain au rouge. Les mots du forrain "T'es pas sécurisée"
résonnaient en echo dans ma tête. Je pensais "Et si la ceinture cédait sous mon poids ?". J'imaginais des scénarios macabres, me voyant m'écraser au sol la tête la 1ère. J'avais vraiment une
trouille monstre de tomber, il nous mettait la tête à l'envers, mes fesses se décollaient du siège, et j'avais si peur que je m'accrochais aux sangles de protection de toutes mes forces. A tel
point qu'au moment de descendre du manège, je ne pouvais plus desserer mes doigts crispés autour des sangles. A la sortie, je me suis effondrée dans les bras de mon ami. Je crois qu'il n'a pas trop
compris pourquoi mais j'ai vraiment eu peur de mourir ce jour-là, en plus de la honte que j'avais ressentie. Evidemment, ils ont continué la tournée des manèges sans moi, toute tremblante
encore, rien qu'à les voir tournoyer dans les airs, sans compter que je n'avais pas envie de subir une autre humiliation : après tout, certains manèges n'ont peut-être pas de places plus larges et
dans ce cas on me fera carrément descendre ! Non, c'en était trop pour une soirée.
Depuis ce jour-là, je ne suis plus JAMAIS remontée sur une attraction à sensations fortes. Je pense que si j'aimais tellement ça étant petite, c'est princialement car je n'avais pas conscience du
risque. Ca me faisait peur, bien sûr, mais je n'avais pas peur de mourir ! J'ai tenté le mini-grand-huit avec mon filleul de 4 ans et même sur un manège pour enfants, j'ai eu peur. J'ai quand même
réussi à me contrôler de façon à ce qu'il ne s'en rende pas compte, mais bon, je crois que je ne suis pas prête à tenter l'expérience sur la version adulte de l'attraction, même si ça me fait à
nouveau envie... J'espère avoir le courage de m'y remettre un jour, car c'est quelque-chose que j'aimerai partager avec mes enfants. J'ai toujours regretté que mes parents, intellos au possible, ne
sachent pas s'amuser. J'ai compris plus tard que ma mère aussi avait la phobie des manèges. Arriverai-je à vaincre la mienne un jour...?
Maintenant que je
vous ai exposé mon parcours de ronde, je vais essayer de faire un parallèle avec l'acceptation de soi.
Ah et oui, je précise d'avance que l'illustration ne me représente pas ! Désolée pour tous mes fans (que je sais nombreux...mais peu bavards !!!) mais ce n'est pas moi !!! Il s'agit d'un tableau
de Christian Lefèvre, peintre qui sublime les rondeurs. Pour voir quelques-unes de ses toiles , c'est par ici : link ! Dites-moi au fait, je risque quelque-chose à avoir emprunté cette image pour la mettre sur mon blog ? Et une autre question technique : on fait comment pour qu'il y ait
écrit autre chose que "link" pour le lien ?
Sur ce, revenons à nos moutons... Comme je vous l'ai expliqué dans l'article précédent, j'ai très vite compris que mes rondeurs était un atout de séduction auprès des hommes et je ne me suis
jamais privée d'user de mes charmes. Je ne peux pas me plaindre de ne pas avoir de succès, le seul hic, c'est que généralement mes charmes n'agissent pas sur le public espéré. J'ai toujours plu
aux hommes plus âgés que moi. Lorsque j'étais ado, c'était flatteur et plaisant puisque ces hommes étaient encore dans la vingtaine. A présent, j'avoue que plaire au mec marié qui approche de la
quarentaine, ça me flatte moins.
Mais ce n'est pas le sujet... L'acceptation de soi ? C'est ça que j'avais annoncé ? Bon, recadrage, qu'est-ce-que je voulais dire déjà ? Ah oui... Pourquoi je suis bien dans ma peau de ronde,
c'est ça que je voulais expliquer. Donc déjà ado, est-ce le fait que j'habitais dans les Dom-tom et que la culture de là-bas est plus tolérante vis-à-vis des rondes, toujours est-il que je n'ai
pas le souvenir traumatisant de moqueries incessantes et cruelles à mon égard. Bien sûr on m'a affublé de bibendum (ça s'écrit comme ça ce truc ? Vous savez, le bonhomme Michelin !) et c'est peu
flatteur, bien sûr on a ri de mes grosses fesses et c'était douloureux. Mais comme je plaisais en dehors du lycée, je m'en fichais. Je passais outre. J'avais un groupe d'amis au sein du lycée et
même si je me sentais parfois mise à l'écart j'arrivais toujours à me rendre indispensable. J'étais la meilleure amie de tout le monde, celle qui entend toutes les confidences, qui donne de sages
conseils, qui prône l'ouverture d'esprit et la tolérance, celle qui réglait les conflits, bref, je compensais le fait de ne pas les intéresser physiquement par un caractère facile et agréable à
vivre. Mais à cette période je rêvais toujours d'être mince un jour, je n'aimais pas mon corps et je me trouvais moche.
Paradoxalement, c'est lorsque je suis revenue en France, et que j'ai tant grossi, que j'ai commencé à m'accepter. Je dis bien m'accepter, pas m'aimer. Après cette grosse déprime, et alors que je
pesais pratiquement 100 kgs (pour 1m54, c'est beaucoup !), j'ai découvert à travers la télé, qu'il existait des femmes rondes, bien plus rondes que moi, qui étaient bien dans leur peau, qui
prenaient soin d'elles, s'habillaient sexy et que je trouvais belles !!! J'ai alors pris conscience qu'il était temps d'abandonner ces idéaux de minceur à tout prix et qu'apprendre à m'accepter
telle que je suis était la clé d'un certain bien-être. J'ai commencé à surfer sur des sites de vêtements spécialisés pour les rondes, je refaisais ma garde-robe, je me sentais mieux, je mangeais
moins, je maigrissais à vue d'oeil, j'avais un succès fou malgré ma taille 52. Au fur et à mesure de mon amaigrissement, j'ai commencé à m'accepter, à me plaire de plus en plus, malgré
mes rondeurs. Au jour d'aujourd'hui, j'ai encore franchi un cap, je m'aime avec mes rondeurs : la balance affiche 72 kgs depuis plusieurs années l'aiguille ne fait plus de bonds,
c'est mon poids de forme. Bien sûr c'est toujours trop et si j'en perdais encore une dizaine je me sentirai sûrement encore mieux, mais la priorité pour moi est de ne pas prendre de poids,
de me stabiliser. C'est un cheminement personnel, mais mes relations amoureuses de ces dernières années m'ont beaucoup aidé à prendre cette voie.
J'ai toujours eu du succès, je ne suis jamais restée très longtemps toute seule, mais je faisais de mauvais choix, je me suis perdue dans les bras d'hommes qui ne savaient pas m'aimer. Bien sûr
jamais aucun d'eux ne m'a imposé, ni même proposé de mincir, ils m'acceptaient telle que j'étais, mais j'avais pourtant l'impression de ne pas être belle dans leurs yeux. Avec le recul, ils ne
s'en sont jamais plains non plus, c'est que ça devait bien leur plaire quelque-part, mais comme ils ne l'exprimaient pas clairement, je n'en avais pas conscience et je ne l'envisageais même pas.
Je me disais toujours qu'ils m'aimeraient mieux si j'étais plus mince.
Puis il y a eu Sacha, qui m'a redonné confiance en moi, parce que je savais qu'il était sincère quand il me disait qu'il me trouvait belle. Et il me le disait souvent. Puis Paul, encore plus
démonstratif dans ce domaine, qui m'a dit les choses parfois de façon crue, mais tellement tendre... Auprès d'eux j'ai compris que j'avais besoin de ça dans une relation. Me sentir valorisée pour
mon corps et pas que pour mes qualités morales. J'ai besoin qu'on me parle de mon corps, que ce ne soit pas un tabou, qu'on me dise qu'on aime mes rondeurs, mes grosses fesses, mes bourrelets, le
moelleux de mon ventre, la douceur de ma peau. Qu'on me le dise sans gêne, qu'on me le montre, qu'on les touche, qu'on les désire...
Lorsque j'ai connu Paul, je suis passée par une période où j'ai fait énormément de photos de moi, parfois dénudées, c'était toujours moi qui prenais les photos, lorsque j'étais seule, et parfois,
le soir, quand on ne pouvait pas se voir, je lui en envoyais une, qu'il retouchait un peu avant de me la renvoyer, sublimée. Je me suis trouvée belle sur ces clichés, parfois je ne me
reconnaissais pas, je me suis rendue compte à quel point j'avais une mauvaise estime de moi-même alors que l'image que me renvoyaient les photos étaient loin d'être celle que je me faisais de
moi. J'ai alors vraiment commencé à aimer mon corps, aimer le regarder, le toucher : j'adore me pincer les petits bourrelets que j'ai à la taille, ou me caresser le ventre, je le trouve super
doux... [D'ailleurs, je me rend compte aussi que j'aime bien ça chez les hommes. Sacha et Paul sont un peu ronds, j'adorais poser ma tête sur leur ventre ou pincer leurs petites poignées
d'amour. Je n'aime pas les hommes ronds ou très ronds, mais j'avoue adorer les hommes potelés, bien plus que les musclés ou les minces. J'aime l'idée qu'ils ne vont pas se briser en mille
morceaux si je leur monte dessus, j'aime leurs bras rassurants, le moelleux de leur corps... ]
J'ai appris à m'aimer dans le regard des autres. J'aurai pu ne retenir que les moqueries. J'ai su faire le tri et en retenir ce qui est bon pour moi. Quand j'entends certaines rondes dire
qu'elles sentent le regard accusateur des gens dans la rue lorsqu'elles mangent une glace, ou qu'elles entendent les moqueries des gens quand elles vont à la piscine, je me pose certaines
questions. Je suis ronde comme elles, et pourtant, je ne vois pas ces regards ni n'entend ces railleries. Certains me diront que comme je me sens bien dans ma peau, ça se ressent, et les gens
sont alors moins critiques. C'est forcément plus simple de s'en prendre aux faibles. Perso j'ai une autre théorie : je pense que j'y ai droit aussi, mais que je ne les vois plus parce que je m'en
fiche de ce que les gens peuvent penser de moi. Je sais ce que je suis, je sais qui je suis, je sais ce que je vaux. On ne peut pas plaire à tout le monde et c'est tant mieux ! Je me plais à
moi-même et c'est déjà pas mal ! Beaucoup de ceux qui se moquent ne peuvent pas en dire autant !
Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler de mon enfance. Plus particulièrement de mon rapport à la nourriture. De ce qui fait qu'aujourd'hui, je
suis ronde, et pas si mal dans ma peau que ça.
Lorsque je suis née, j'étais un tout petit bébé, toute frêle, une brindille. J'avais à peine soufflé ma 1ère bougie, que je me retrouvais hospitalisée pour une grosse gastro. [En écrivant ça, je
me rends compte que c'est la seule fois de ma vie où j'ai été hospitalisée et que ma peur panique de l'être à nouveau vient peut-être de là ?! Si un psy passe par là... Merci de m'éclairer ;-)]
Alimentation par perfusion, puisque tout ce que j'avalais ressortait illico, d'un côté ou de l'autre, bref, je vous passe les détails.
Après cet épisode, je ne voulais plus rien manger. Enfin si. Mais que ce que j'aimais. Et ça se résumait à : pain, chocolat, pâtes et purée. Comme j'étais une brindille et que ma mère avait
eu très peur pour moi (je précise que je suis fille unique), elle a cédé à tous mes caprices et, alors que j'étais haute comme trois pommes, j'imposais ma loi et décidais du menu. Malgré cela, je
suis restée fine jusqu'à l'âge de 7/8 ans. J'étais pas grosse cependant, juste potelée. Mais au vu de mon alimentation ultra restreinte, ça ne pouvait qu'empirer. Vers 9 ou 10 ans, suite à de
nombreux reproches de la part de l'entourage, ma mère prend un 1er rendez-vous chez un nutritionniste. Pas de régime, juste un rééquilibrage alimentaire et un peu de sport. C'était sans compter
sur mon caractère borné ! Avec la complicité de mon père (qui est un gourmand lui aussi), nous rechignions devant les légumes préparés avec amour et bienfaisance par ma mère puis nous allions en
douce, tous les deux, à la station service du coin s'acheter des Bounty, Twix et autres cochonneries. Ma mère n'apprendra cela que des années plus tard, lorsque je le lui raconterai, devant la
mine ahurie de mon père, qui me faisait les gros yeux, comme un enfant dont on a trahi le secret.
Cette période m'a semblé durer des années... J'ai l'impression d'avoir été au régime pendant toute mon enfance, qu'on a toujours surveillé mon alimentation, m'interdisant les sucreries et autres
douceurs... Le nutella, c'était pendant les vacances dans les pays tropicaux pour arriver à avaler la Nivaquine (médoc contre le palu qui a un goût amer au possible...Rien que d'y penser, le goût
me revient en bouche, berk berk berk !), les féculents c'était deux cuillères à soupe, une seule fois par jour, les gâteaux, c'était pour les jours de fêtes uniquement (soit mon anniversaire et
Noel)...
Bref, en début d'adolescence, je me suis rebellée contre ces privations et profitant de ma liberté de "grande" (qui se résumait au fait que je mangeais à la cantine à midi et chez une amie une
fois par semaine et que j'avais un peu d'argent de poche, avec lequel j'achetais...des cochonneries), j'ai commencé à vraiment grossir. Bien sûr, je me sentais mal dans ma peau, j'étais frustrée
de ne pas pouvoir m'habiller comme mes copines, je subissais quelques moqueries (quoique, relativement peu par rapport à ce que d'autres filles ont subi), je détestais les cours de sport, je
n'avais jamais de petit-ami de mon âge, j'avais un corps de femme alors que j'étais encore une enfant, et puis l'adolescence, c'est toujours un mauvais cap à passer, alors forcément, c'était pas
facile tous les jours. Mais, alors que j'avais à peine 15 ans, je plaisais aux mecs de 18-20 ans, alors vous imaginez la fierté devant les copines, de dire "Mon mec à moi (tiens ça me rappelle
une chanson ?!) il a le permis, il peut venir me voir quand il veut, il est grand, beau, il sent bon le sable chaud..." alors que leurs petits petits-amis (ils étaient souvent plus petits
qu'elles en taille) jouaient encore aux lego. Bref vous l'aurez compris, je me pavanais, consciente tout de même que mes rondeurs (bien placées à l'époque) n'y étaient pas pour rien...
Suite à une rupture amoureuse, mon 1er chagrin d'amour, j'ai entamé, de ma propre volonté, un régime ultra-strict, à base de sachets hyperprotéinés et de légumes verts uniquement. J'ai perdu 18
kg en 4 mois. Je rentrais pour la 1ère fois de ma vie (et ce fût la seule !) dans un pantalon taille 38. J'étais fière de moi, pourtant, dans le miroir, je me voyais toujours aussi grosse, je ne
me rendais vraiment pas compte que j'avais tant minci. J'en ai vraiment pris conscience le jour de la rentrée scolaire, après les vacances de Pâques, quand je suis arrivée au lycée sur mon
nouveau scooter, relookée des pieds à la tête (fringues et coiffure). En arrivant parmi mon groupe d'amis, l'un d'eux m'a dit "Quand tu n'avais pas encore enlevé ton casque, j'ai cru que c'était
une nouvelle et j'ai dit aux autres "Waw vous avez vu la nouvelle" mais en fait c'était (que) toi." Hum hum. J'ai donc compris que j'avais vraiment minci, que mes efforts n'avaient pas été vains,
mais j'ai aussi pris conscience que pour mes amis, je resterai toujours la petite grosse, ou du moins potentiellement grosse. Quelle déception !
Peu à peu, j'ai repris tous mes kilos, et même plus. Et la spirale des régimes yoyo à commencé. Forcément, des régimes aussi restrictifs avaient complètement déréglé mon mode de
fonctionnement. L'avantage c'est que depuis, mon alimentation était plus variée : j'ai appris à aimer les légumes, à en manger avec plaisir. L'inconvénient, c'est que la
frustration engendrée me poussait à des fringales incontrôlables, des envies de sucre, de frites, de gâteaux au chocolat, d'aliments qui tiennent au corps... Je n'ai jamais parlé de ces
fringales comme des crises de boulimie, car pour moi ce n'en était pas. C'était simplement la conséquence de semaines entières à ne pas avaler un carré de chocolat ni une bouchée de pain. A
frustrer une gourmande, je vous le dis moi, vous la rendez boulimique !
J'ai donc alterné périodes d'amaigrissement et de reprise de poids vitesse grand V pendant toute mon adolescence tout en restant toujours plus ou moins ronde, plutôt plus que moins d'ailleurs.
Après le bac, vînt le retour en France (je vivais dans les Dom-Tom) et une grosse grosse période de déprime. Je cherchais ma voie, j'avais perdu tous mes repères, mon île, mes amis, ma famille...
Pendant deux années je me suis isolée, j'ai mangé sans aucune restriction puisque pour la 1ère fois de ma vie, personne ne surveillait ce qu'il y avait dans mon assiette. J'ai pris 25 kg en 2
ans. Je sais, c'est énorme. Et là, ça s'apparentait certainement à de l'hyperphagie. Je mangeais pour me remplir, pour ajouter une couche à la carapace que je me construisais petit à petit.
J'ai ensuite effectué un retour au domicile parental, le temps d'avoir mon concours. J'avais trouvé ma voie, ma mère gérait les repas, j'ai maigri petit à petit, sans faire de régime. D'une
taille 52/54 à cette époque, je suis passée à un 46/48 que je maintiens depuis cinq années maintenant. Ca s'est ma victoire à moi. Avoir réussi à stopper le cercle vicieux des régimes yoyo.
Depuis que je ne fais plus de régime, je ne grossis plus. Parfois même je maigris un peu. Mais à vrai dire je m'en fous car j'ai proscris la balance de mon domicile. Je l'apprends avec
stupéfaction quand je vais chez le mèdecin (environ deux fois par an) et qu'il m'annonce que j'ai encore perdu 2kg. Je ne cherche pas à perdre du poids mais ça me fait quand même plaisir. Bien
sûr, pendant les périodes d'exams, n'ayant plus trop le temps de cuisiner, en bonne étudiante que je suis, je me nourris de surgelés et forcément je prends un peu de poids, je le sens à mes
pantalons qui me serrent. Mais surtout surtout, je ne me culpabilise pas et je rééquilibre après. Finalement, mon poids fait toujours un peu le yoyo, mais ce n'est que des écarts de 2/3 kgs, ça
limite la casse ! Ce que j'en retiens c'est qu'il ne faut pas se priver de manger ce qu'on aime, surtout quand on est gourmande, de compenser par les repas suivants ou par un peu de sport (perso,
je suis allergique au sport depuis les cours d'EPS du collège alors je me contente de monter les escaliers jusqu'au 4ème au lieu de prendre l'ascenseur, je vous assure que ça fonctionne !!!).
Il y a certainement d'autres explications plus psychanalytiques à mettre derrière tout ça, des choses qui se jouent quant à mes relations avec mes parents, et plus particulièrement avec mon père,
et donc les hommes, par procuration, mais j'ai trouvé un équilibre c'est tout ce qui m'importe. Je ne sais pas vraiment pourquoi je suis ronde, pourquoi la nourriture est mon refuge, ce que je
sais c'est qu'il est inutile de lutter contre de vieux démons et regarder en avant me semble être une bonne perspective d'avenir.
"La sensualité c'est la mobilisation maximale des sens : on observe l'autre intensément et on écoute
ses moindres bruits." Milan Kundera
A tel point que le lendemain de cette nuit d'amour avec mon FA, j'ai eu besoin d'écrire toutes ces sensations, de coucher sur le papier toutes ces émotions
qui m'avaient submergées. Ca faisait alors des années que je n'avais pas pris un stylo pour écrire un peu de ma vie. Mais je ne voulais pas oublier ces moments...
Mais reprenons l'histoire à son début. Je l'ai rencontré sur le pulpe. Je l'ai laissé prendre les devants, bien que je l'avais depuis déjà fort longtemps remarqué. Echange de mails sympathiques
mais sans grand intérêt. Viennent les conversations sur msn, échange de photos, s'entrevoir via la cam... Il me plaît. Et je sens déjà que je lui plais...beaucoup. Il me fait un topo sur sa vie
sentimentale bien compliquée. Je sens déjà la fragilité de notre future relation, avant même que ça ne commence mais j'ai envie de prendre des risques, je me sens pousser des ailes, je fonce,
tant pis. La rencontre est arrivée très vite, deux ou trois jours après. Quelques sorties en bonne et due forme, des échanges de regards qui en disent long, je voyais déjà des étoiles briller dans
ses yeux et les miens étincelaient sûrement aussi de mille feux. Et puis un soir, bravant ma timidité, je l'invite à boire un verre chez moi... S'en suit 2h interminables... Des regards, des
sourires, il me tourne autour mais ne vient pas. Je n'écoute même plus ce qu'il me dit, je pense "Embrasse-moi idiot !". Tentative sur le balcon, à regarder les étoiles, rien, il ne semble pas
comprendre le message. Repli stratégique sur le canapé. Il tente une approche, passe son bras autour de ma taille et viens pincer mon petit bourrelet, là au creux de la taille. C'est bête mais
n'importe-quel autre mec aurait fait ça, j'aurai bondi, je me serai insurgée. Mais là c'était tellement différent, je sentais l'envie au bout de ses doigts, du coup, ses caresses avaient une toute
autre valeur. S'en suit un long moment comme ça, je ne pourrais pas dire combien de temps, mais sans que je m'en apercoive, il avait maintenant la tête dans mon cou. Je sentais sa respiration
glisser sur ma nuque, je sentais ses inspirations profondes pour inhaler mon parfum. A la cadence de son souffle qui s'accélérait, j'ai compris qu'il allait bientôt venir goûter mes lèvres. Je m'en
réjouissais et j'attendais. Un long baiser plus tard nous nous retrouvons dans la chambre.
Je ne vais pas tout vous raconter en détail, je suis bien trop réservée pour ça. Je peux simplement dire que je ne me suis jamais sentie aussi belle que lorsqu'il m'a dévêtue. On aurait dit un
gamin émerveillé déballant ses cadeaux le matin de Noel. Je le sentais tout fébrile alors que ses mains parcouraient mes rondeurs, puis tout tremblant alors qu'il déposait sur mon courbes des
baisers gourmands. Il a caressé la moindre parcelle de mon corps, il â goûté chaque centimètre carré de ma peau,doucement, tendrement, passionnément, longtemps...Puis il m'a
dévorée avec gourmandise. Ce mot n'est pas choisi au hasard : je me suis tellement abandonnée à ces sensations lors de notre étreinte que chaque geste, chaque baiser,
chaque respiration, tout était instinctif, animal. C'était tellement bon que je n'ai su qu'en profiter. Et avec le recul, je me dis que j'ai vraiment bien fait, car ça n'a plus jamais été aussi
intense que cette fois-là. Cette nuit-là, il a comme réparé mon corps, il m'a réconciliée avec moi-même, il m'a donné plein plein d'assurance.
Notre histoire a duré 2 mois, et comme je l'avais prévu, son instabilité sentimentale a été la cause de notre rupture. Depuis mes relations avec lui sont assez compliquées. On essaie de maintenir
une amitié, à ma demande, difficilement gérable pour lui qui se meurs de désir pour moi, et difficilement gérable pour moi qui attend à présent plus de l'amour que du plaisir charnel. Parfois il
m'est arrivé de craquer, mais à chaque fois je le regrette au petit matin et j'ai la gorge nouée, une boule au ventre, sachant qu'il en aime une autre et que je suis juste là pour combler ses
manques. Je mérite un meilleur rôle que celui-là. Et maintenant, c'est mon petit coeur en morceaux qu'il faut réparer. A réserver aux fans des puzzles ;-) !
Parmi les trois adresses que j'ai cité, voici mon préféré. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas un site de rencontre. C'est un site qui a
pour but de lutter contre la "grossophobie", autrement dit les discriminations à l'encontre des "gros". Une communauté mixte, assez active, même si les actions en province se font rares. On y
rencontre plein de gens différents, avec comme seul point commun d'être un peu "en marge" de par leur physique, ou de par leurs préférences. Le forum est très riche et très instructif, malgré les
"jamais contents" qui viennent toujours mettre leur grain de sel pour enquiquinner le monde : il faut passer outre. Autre bémol : la censure sur certains sujets est à regretter sur un site où
l'on prône la différence, c'est dommage. Cependant, j'y ai appris plein de choses et j'ai pu forger mon opinion grâce aux sujets évoqués autour du poids. Pour ne citer qu'un exemple, je vais
vous raconter une anecdote.
C'était il y a 3 ans de ça, lorsque je venais d'entrer dans mon école. J'avais regardé une émission de Delarue où il était question de FA (Fat Admirer). Le lendemain, j'en parlais avec une amie de
ma promo, qui était bien sûr inculte en la matière, bien que ronde elle aussi. Pour moi, lui expliquer c'était tout simple. Un FA ? C'est un homme qui aime les rondes et qui le revendique. C'est
aussi simple que ça. Quand tout d'un coup, et bien que n'ayant pas été invitée dans la conversation, une miss qui avait vu l'émission également s'incruste en disant : "Baaaaaaaaaah il m'a dégoûté
ce mec ! C'est vraiment un gros pervers, franchement, pour aimer ça, faut vraiment être tordu !" (en parlant du témoignage du fameux FA). Pfffff ! J'lui ai fait rabattre son caquet, en lui
expliquant qu'hormis le fait qu'elle manquait cruellement d'ouverture d'esprit (ce qui, en passant, peut être un frein dans la profession que l'on s'apprête à exercer), elle était aussi assez
culottée de dire haut et fort, devant 2 rondes, que c'est absolument pervers et tordu qu'un mec s'intéresse à nous pour notre physique. Elle a bafouillé, grommélé que "Non, mais c'est pas ça que
j'ai voulu dire..." mais voilà.
Voilà ce que pensent les gens. Ou plutôt, voilà ce que les médias martèlent jour et nuit pour que les gens s'en imprègnent. Le pire c'est que ça marche... On se pose jamais le pourquoi du comment
quand un homme affirme qu'il aime les grandes blondes, les petits seins, ou les cheveux longs ! On ne dit pas de lui qu'il est tordu ! Et quid des hommes de haute fonction qui n'envisagent pas une
seconde de pouvoir partager la vie d'une femme d'un niveau socio-culturel inférieur. Ah si ! A condition qu'elle accepte de faire le ménage, le repassage, de s'occuper des mouflets, et de fermer
les yeux sur ses fresques extra-conjugales ! On a tous nos critères, physiques, intellectuels, je ne vois pas en quoi le fait d'aimer les rondeurs serait plus pervers que toute autre
préférence. Pour moi ça s'apparente davantage à du fétichisme qu'à une pratique perverse, mais bon, les goûts et les couleurs...
Tout ça pour dire, que contrairement à d'autres sites que j'ai pu fréquenter, les FA sont plutôt bien accueillis sur le pulpeclub. Et oui, car même sur des sites de size, ils sont parfois critiqués
de façon très virulente, d'où peut-être leur difficulté à assumer (c'est un reproche récurrent des rondes à l'égard des hommes : ils aiment les rondes, mais n'osent pas l'afficher). Il y aura
toujours des rondes mal dans leur peau, qui trouveront ça "bizarre". L'éducation judéo-chrétienne qu'on nous inculque est aussi responsable en partie. Les plaisirs de la chair, c'est
tabou. Pourtant, c'est si bon de se laisser aller, de baisser un peu la garde, de prendre ce qu'il y a à prendre, simplement. Chez les FA comme chez tous les hommes, il y a des
collectionneurs, des salauds, des écorchés vifs, des romantiques, des amoureux... Mais en tant que ronde, il faut connaître ça au moins une fois dans sa vie ! Perso, je cherche encore mon FA idéal
;-)